Marquise du Châtelet, une femme d’avant-garde

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La Marquise du Châtelet, première femme scientifique, traductrice reconnue, savante autodidacte, brillante en société, universaliste à l’esprit libre, libertine notoire, elle fut la maîtresse de Voltaire durant 15 ans.

Femme extraordinaire pour son époque – le siècle des Lumières – qui a fait briller les hommes bien plus intensément que les femmes, elle représente toutefois une fameuse exception, sa vie est une épopée extraordinaire, je vous invite à la survoler !

Marquise du Châtelet, née Gabrielle Émilie le Tonnelier de Breteuil (1706 – 1749)

Marquise du Châtelet !… comment décrire cette femme exceptionnelle d’une manière simple et concise ? Aristocrate avant-gardiste, libertine, ce fut une mathématicienne très brillante, physicienne pointue, femme de lettres, traductrice de Newton…

Marquise du Châtelet, un destin exceptionnel !

Il faut se dire que très tôt, depuis son enfance, Émilie du Châtelet (née à Paris en 1706) évolue dans un environnement extrêmement privilégié. Ses parents sont de riches aristocrates, familiers de la Cour, les salons de leur domicile parisien représentent un lieu incontournable fréquenté par tout le gratin des écrivains, poètes, scientifiques, philosophes et toutes les personnes influentes de l’époque des Lumières…

Contrairement aux pratiques éducatives de cette époque, les parents d’Émilie la laissent librement évoluer au sein de ces réunions mondaines ce qui fait que dès son plus jeunes âge, cette enfant espiègle est en immersion complète dans un véritable bain bouillonnant de savoir, de connaissance et de spiritualité.

Marquise du Châtelet, une éducation particulière

Mieux encore, son père décida de lui donner la même éducation qu’aux garçons, chose qui n’était absolument pas courante au XVIIIe siècle, même dans les milieux privilégiés…

C’est ainsi qu’Émilie, extrêmement douée pour les études, apprit le latin, le grec ancien, l’allemand, l’espagnol ; elle est également très douée pour la musique, elle apprend donc à jouer du clavecin, pratiquant la danse et le théâtre, en amateur, elle aime également chanter l’opéra.

Marquise du Châtelet, une polyvalente incroyable

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C’est de surcroît une redoutable fervente d’escrime et une sportive accomplie, elle maîtrise la philosophie et est incollable concernant tout ce qui touche au domaine scientifique, excusez-nous du peu !

À l’âge de 16 ans, son père la présente à la cour du Régent, elle est immédiatement séduite par les plaisirs fastes que cette vie offre, cédant à certaines extravagances, collectionnant les robes les chaussures adorant les bijoux et excellant dans les mondanités, on dirait qu’elle assimile tout ce qu’elle aborde !

Sa grande beauté, sa vive intelligence et ses capacités naturelles de briller en société lui apportent une renommée immédiate, non sans une grande dose de jalousie de la part de ses congénères féminines qui ne la ménageront pas.

Marquise du Châtelet, une femme casée ?

À l’âge de 19 ans, elle se marie avec le Marquis Florent Claude du Châtelet, âgé de 30 ans et qui est extrêmement pris par sa carrière militaire ce qui fait qu’il ne voit sa femme que très rarement entre deux campagnes. Ils auront toutefois trois enfants, Le Marquis se rendant compte de ses propres limites autant que des capacités intellectuelles de sa femme, prit une décision intelligente : il laissa vivre sa femme librement et sans contraintes, d’une tacite entente, un couple qui vivait une relation ouverte en quelque sorte !

Car, pour couronner le tout, la belle Émilie, en plus d’un vif intérêt pour les choses de l’esprit, n’était pas dénuée de passion pour les choses du corps, bien au contraire comme en témoigne son tableau de chasse amoureux ! Elle acquiert rapidement la réputation d’être une femme insatiable, curieuse et entreprenante.

Marquise du Châtelet, une amoureuse insatiable

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Émilie prit donc beaucoup d’amants qu’elle choisissait dans le beau monde, parmi ses professeurs particuliers ou au hasard des belles rencontres qu’elle pouvait faire dans les divers salons dont les aristocrates du siècle des lumières étaient tellement friands.

Un des amants les plus influents de la marquise du Châtelet fut Voltaire, indéniablement !

Non seulement leur liaison fut extrêmement intense, une frénésie amoureuse qui dura 15 ans mais aussi et surtout, leur union était également passionnée, bestiale, ils avaient également et surtout une profonde connexion intellectuelle, Voltaire étant littéralement subjugué par l’intelligence sans limite de sa maîtresse, ce fut d’ailleurs lui qui insista et l’encouragea à approfondir ses connaissances en physique et en mathématiques, reconnaissant à sa volcanique maîtresse des aptitudes particulières dans ces domaines (supérieures aux siennes de son propre aveu !). C’est ainsi qu’Émilie du Châtelet avec constance et opiniâtreté se mit à étudier à un tel point qu’elle est maintenant considérée comme l’une des premières femmes scientifiques d’influence dont on ait conservé les écrits.

Marquise du Châtelet, une intellectuelle éminente

Sa traduction en français des « Principia mathematica » de Sir Isaac Newton fait encore autorité de nos jours, d’autant plus qu’elle a complété son essai avec des croquis, des exemples et n’a pas manqué également de donner son appréciation en notant au passage que les théories du physicien Leibnitz, qui s’opposaient sur certains points à la physique de Newton, était bien plus judicieuses !!! Elle ne manqua pas de le démontrer par l’expérience : par exemple, la formule de Leibnitz concernant l’énergie cinétique était la bonne, à savoir il fallait élever au carré le produit de la masse et de la vitesse d’un objet. Cette même formule sur laquelle Albert Einstein s’est appuyée pour asseoir son célèbre E=MC2…

Marquise du Châtelet, une amoureuse fidèle

La liaison de la marquise du Châtelet et de Voltaire dura de 1733 à 1748 environ, mais ils gardèrent toutefois une amitié indéfectible même alors qu’il n’étaient plus amants.

La fin de la vie de la marquise du Châtelet est une tragédie. Elle réussit toutefois à terminer sa fameuse traduction du traité de Newton et à l’envoyer in extremis à la bibliothèque du roi, sans doute envahie d’une fatale intuition, afin que celle-ci soit publiée. Elle mourut malheureusement quelques jours après avoir fait parvenir son manuscrit, c’est Voltaire qui se chargera de finaliser la publication de cette traduction.

Alors enceinte de son dernier amant, le poète Saint Lambert qui avait succédé à Voltaire, l’accouchement se complique pour la mère et l’enfant qui mourront tous les deux six jours plus tard, Emilie, Marquise du Châtelet meurt en couche à l’âge de 43 ans.

Pendant cette semaine difficile, elle a, sans discontinuer à son chevet, trois hommes : son mari le comte du Châtelet, son dernier amant, le père de son enfant décédé : Saint Lambert , et… son double spirituel : Voltaire.

Les trois hommes de sa vie l’ont accompagnée jusqu’à jusqu’à son dernier souffle à son dernier théorème !

Marquise du Châtelet, un destin fabuleux, celui d’une femme moderne !

La vie extraordinaire de cette marquise ressemble plus à la biographie d’une femme contemporaine, elle a toujours en effet défendu avec opiniâtreté sa liberté de penser, de vivre tel qu’elle le voulait et d’aimer sans contrainte. Bien sûr elle a rencontré les personnes qui lui ont permis de vivre ses rêves et de rechercher son bonheur. Est-ce que c’est par chance d’avoir rencontré des situations favorables qu’elle a put ainsi rencontrer ses objectifs ou bien, est-ce par son attitude active assortie d’une certaine exigence que les circonstances se sont adaptées à son mode de vie ; en résumé, ne serait-ce pas la marquise Émilie du Châtelet qui a dicté ses propres exigences à la vie ?

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Auteur : CDS-Mon Carré De Sable-Michel Mougenot

CE BLOG REFLÈTE LA DÉMARCHE D'UN AUTODIDACTE QUI S’INTÉRESSE AU MONDE DANS LEQUEL IL VIT. Mes Adresses : http://moncarredesable.com/ http://moncarredesable.fr/ michel.mougenot@moncarredesable.com https://www.youtube.com/channel/UCw7jtBpy6TmdSrtuRiTKz2Q https://www.facebook.com/MON-CARRÉ-De-SABLE-moncarredesablecom-172321726472511/

2 pensées sur “Marquise du Châtelet, une femme d’avant-garde”

    1. Tout à fait d’accord avec toi Chantal !
      Un bien bel hommage de ta part, toi à qui, il n’y a pas si longtemps, des copains t’ont attribué ce titre de Madame la Marquise !
      Tu t’en rappelles ?
      C’était à Cannes
      Je ne savais pas à quel point la Marquise du Châtelet était une femme si particulière, c’est en modifiant l’article sur les femmes du 8 mars
      http://moncarredesable.com/8-mars-cest-la-fete-des-femmes/
      à la suite de la mort de Simone Veil, que j’ai changé le lien d’Élisabeth Badinter et que j’ai ensuite découvert un livre qu’elle avait écrit sur elle ….
      le hasard est souvent malicieux et opportun
      Bonne semaine, Madame la Marquise

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