SOCIOLOGIE – RITES ET COUTUMES – Une leçon d’humanité de la tribu Ndébélé – Michel Mougenot

par | Jan 15, 2016 | Les Arts et Cultures, Mon Carré De Sable, MONDE, Psychologie - sociologie - philosophie | 0 commentaires

Les Ndébélés sont un peuple de l'Afrique du Sud du groupe des Ngunis. Ils vivent au nord-sud et à l'est de Pretoria ainsi qu'au Zimbabwe. Les Ndébélés se répartissent en trois nations distinctes
les N’debeles, un peuple pacifique et fier

Laissez-moi vous présenter la salutation des Ndébélés :

 
« Sawubona » – « Sikhona »
 
Comme nous disons « bonjour », eux disent
« sawubona » – je vous apprécie, je vous respecte, vous êtes important pour moi.
 
La réponse est
« sikhona » – donc j’existe pour toi !
 
CEST ÉDIFIANT NON ?
3 tribu qui se nomment : Les Ndébéles du Transvaal du Sud, autour de la région de Bronkhorstspruit Les Ndébélés du Northern Transvaal, dans la province de Limpopo, dans la région de Potgietersrus et Pietersburg. Les Matabele du Zimbabwe.
Les Ndébélés sont un peuple de l’Afrique du Sud du groupe des Ngunis.
Nous aimons croire que nous faisons partie de « la société la plus civilisée », la plus aboutie intellectuellement et humainement, que nous représentons une sorte d’aboutissement de l’histoire humaine dont les choix réalisés sont les meilleurs – ce qui s’illustre donc parfaitement dans la formidable perfection de notre organisation sociale – et nous avons, pour la plupart d’entre nous, cette fâcheuse tendance par le fait même à dénigrer ou sous estimer tout ce qui représente une manière différente de voir, et d’organiser son mode de vie.
Qui n’en sera forcément que moins bon, moins admirable en comparaison des sommets éblouissants de perfection auxquelles notre expertise nous à fait parvenir…
Toutefois, d’autres communautés à travers le monde entretiennent des coutumes, adoptent des fonctionnements sociaux qui peuvent s’avérer radicalement différents des nôtres !Sont-ils moins bons pour autant ; notre civilisation moderne a sûrement quelques belles leçons d’humanité – et d’humilité – à prendre chez ces voisins et auprès de certaines peuplades ou pays dit autochtones, primitifs, ethnies, natifs, locaux ; des qualificatifs variant plus ou moins selon le degré de considération que nous leur accordons.
Cette question sociologique de la culture des peuples me passionne, l’ethnologie, l’anthropologie, j’aimerais vous proposer un petit tour dans ce monde des différences culturelles qui peuvent exister sur notre planète et qui, comme toutes les différences, sont une formidable source de curiosité, diversité et de richesse de l’Espèce humaine !
Je vous suggère donc de nous intéresser aujourd’hui aux membres de la tribu Ndébélé.
Les Ndébélés sont originaires de la région du kwaZulu-Natal. En 1600, une tribu Ngunie, dirigée par le chef Musi, immigra dans la région de la future Pretoria fondant alors la nation des "Ndebele Ndzundza" (appelés également Ndébélés du Transvaal). Le roi Mzilikazi Au xixe siècle, le Natal est ravagé par les guerres du roi zoulou Shaka qui conduit au Mfecane. Au début des années 1820, c'est dans ce contexte qu'un petit groupe issu de la chefferie des Ndwandwe, rivale des Zoulous, fuit le Natal ensanglanté, pour fonder un royaume au nord des montagnes du Drakensberg sous l'autorité du roi Mzilikazi (1790-1868), chef du clan Xumalo (Khumalo) et ancien lieutenant du roi Shaka, entré en rébellion contre son monarque.
Lesrelations humaines dans latribu Ndébélé d’Afriquedu sud sont admirables. Quand un membre est fautif, par exemple, pasde jugement négatif, pas de sanction.
 

Les membres de la tribu lui réserve un tout autre traitement…

Chez les Ndébélés, quand quelqu’un fait une erreur, qu’il est fautif, les autres membres de la communauté réagissent avec une humanité pouvant paraître déconcertante à nos yeux d’occidentaux.
Pendant deux jours, ils vont entourer le « malheureux » et évoquer avec lui toutes les grandes et belles choses qu’il a faites dans le passé. Ils vont donc valoriser autant que possible le sujet momentanément égaré. De cette façon ils lui permettent d’être reconnecté à sa vraie nature et de réintégrer le groupe. Aucune sanction n’est nécessaire. La réinsertion sociale est immédiate.
Dans la tribu Ndébélé, la conviction que les humains sont bons par nature et que tous recherchent la sécurité, l’amour, la paix et le bonheur est une certitude. Dans cette recherche, l’erreur personnelle est possible, mais les membres de la communauté veillent à ce que chacun des autres ne s’égare pas.
Dans nos sociétés civilisées c’est plutôt un modèle répressif et restrictif des libertés qui est appliqué en réponse à la déviance comportementale des sujets.
L’attention et l’action positive dont la communauté Ndébélés fait preuve pour celui qui faute, paraît bien loin du fonctionnement habituel sous nos latitudes.
Les Ndébélés s’attachent à valoriser le fautif plutôt que de le sanctionner. 
Sur son passage, les troupes de Mzilikazi pillent, massacrent et assujettissent les populations locales. La réputation de Mzilikazi lui attire de nombreux guerriers qui rejoignirent son armée. Le centre du royaume fluctua au cours des décennies, se déplaçant de l'est à l'ouest du Transvaal. Ces populations se brassèrent formant les Ndébélés Khumalo (en nguni), également appelés Mthwakazi ou Matabele (en sotho-tswana). Fuyant ensuite la progression des Boers et des Voortrekkers (bataille de Vegkop), les Ndébélés du roi Mzilikazi franchirent le fleuve Limpopo en 1837, poussèrent jusque dans l'actuelle Zambie avant d'être refoulés et de s’établir définitivement dans le sud-ouest de l’actuel Zimbabwe vers 1840, dans la région des Monts Matobo (« les crânes chauves »). Ses troupes assujettissent alors les tribus locales shonas et imposent le mode de vie ndébélé aux quatre coins de l'empire du Matabeleland d'où Mzilikazi parvient à repousser les Boers entre 1847 et 1851, avant de signer avec eux un accord de paix et de reconnaissance mutuelle en 1852.
Architecture et art de la décoration peinte
 
Chez nous ce qui s’applique est une sanction punitive, telle que prévue par la loi. Celui qui faute est culpabilisé et sanctionné, avec l’espoir que la restriction de liberté imposée lui permettra de changer, mais une restriction de liberté, une privation temporaire de droits élémentaires de la personne non seulement n’ont pas l’impact recherché, beaucoup récidivent, il est avéré qu’en plus, la politique carcérale entraîne même des dommages collatéraux en permettant aux petits délinquants de se trouver au contact d’individus avec une « expérience » beaucoup plus solide ; la prison devient alors une « Université du crime » où les débutants viennent fourbir leurs armes. Le tout aux frais des contribuables.
Notre société devrait peut-être se pencher sur ce problème de l’inefficacité patente de la justice 
Quant aux Ndébélés du Transvaal, ils se distinguèrent entre ceux du nord qui s'assimilèrent aux Sothos et ceux du Sud, restés ethniquement distincts. Au xxe siècle, dans le cadre de la politique d'apartheid, les Ndébélés du Transvaal-Sud furent cantonnés dans un bantoustan autonome qui leur fut dédié, appelé KwaNdebele alors que ceux du Nord furent rassemblés avec les Sothos dans le bantoustan autonome du Lebowa. De 1983 à 1988, la région du Matabeleland fut le théâtre d'une quasi guerre civile entre les Matabélés de Joshua Nkomo et les troupes gouvernementales du Zimbabwe du premier ministre Robert Mugabe.
Force et vitalité de l’esthétique Ndebele
Il s’agirait de privilégier l’humain avant tout, comme chez les Ndébélé ! 

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