L’imposteur, le syndrome de l’imposteur

par | Fév 19, 2016 | INDIVIDU, Mon Carré De Sable, Psychologie - sociologie - philosophie, SOCIÉTÉ | 0 commentaires

Imposteur je suis, je le confesse tout de go ! 

En tout cas je me crois un imposteur, mais je ne sais pas par contre si les Imposteurs confirmés, les pros, vont bien vouloir m’accepter dans cette catégorie et me reconnaître comme faisant partie des leurs !

 

Imposteur : Il s'agirait en l'occurrence d'un fantasme masochiste sapant les mécanismes narcissiques et polluant l'existence du sujet affecté. 60 à 70 % des personnes douteraient, à un moment ou à un autre de leur carrière, de la réalité ou de la légitimité de leurs succès. Ces pensées négatives sont généralement dépassées par une certaine clairvoyance, mais elles peuvent finir par devenir invalidantes. Ce syndrome est notamment sensible parmi les types d'enfants et d'adultes perçus comme "à haut potentiel", ou plus couramment nommés "surdoués".

Les attributs traditionnels d’un imposteur sont parfois lourds à porter surtout si on veut mettre un chapeau

le complexe de l’imposteur est lié à la peur de réussir et empêche les personnes 
qui en sont victimes de développer pleinement leur potentiel

 Tout petit déjà j’étais un imposteur !

Tout petit déjà sur les bancs d’une école on m’avait fait la réputation de daigner répondre à une question du maître quand toute la classe séchait, je faisait ça avec un genre de désinvolture mélangée à de la surprise que personne ne le sache un imposteur est discret par nature… 
Mais, heureusement, la plupart du temps, les sujets étaient tout de même assez simples pour que je ne sois pas trop ennuyé à devoir répondre à ces questions. 

Cette faculté d’intervenir peu mais bien, toujours à bon escient on pourrait dire, a finit par éveiller l’attention des maîtres successifs que j’ai croisés pendant mes études primaires. Il faut reconnaître que pour un prof ce n’est pas évident de débusquer un élève brillant quand il ne se manifeste pratiquement jamais et a des résultats qui figurent dans le ventre mou des statistiques globales d’une classe…
Peut-être ais-je été brillant, je n’en suis vraiment pas sûr, mais on m’a souvent gratifié de ce qualificatif, toujours suivi de celui moins glorieux de « fumiste »
Mon vieux carnet de notes est rempli de florilèges : « élève doué mais paresseux. » ; « peut mieux faire… » ; « FUMISTE ! » (celui-là, je m’en rappelle, c’est un prof de maths au secondaire)…
En fait, je ne me suis réellement impressionné que deux fois dans toute mon enfance, la première est l’année de l’apprentissage de la lecture, un matin j’ai senti un déclic dans ma tête et ce jour-là j’ai su lire couramment et instantanément, du coup je me suis mis à dévorer tout ce qui passait à ma portée, un peu comme le petit Marcel de ”La gloire de mon père”, à 11-12 ans j’ai lu « L’Homme du XX° siècle et son esprit » une encyclopédie en 6 ou 7 volumes qui traitait de sciences sociales, culture et religions.
 

IMPOSTEUR RÉCIDIVISTE 

La deuxième fois où je me suis impressionné, c’était en novembre 1970, j’étais en classe de sixième (secondaire 1 pour les Québécois qui me lisent nombreux) et notre prof de français nous a demandé de faire une rédaction sur la mort du Général de Gaulle : mon texte avait été lu en classe par notre prof (une vieille ”Mademoiselle” très digne) qui avait un vibrato dans la voix en me lisant – je me suis toujours soupçonné d’avoir exploité le fait que je me doutais qu’elle adorait le ”Général” pour en faire une apologie dithyrambique et ainsi quêter une bonne note 19 ou 20/20….
Je me suis pourtant rendu compte que non seulement j’avais une capacité évidente d’écrire assez bien, mais que je recourais spontanément à certaines figures de style dignes d’un écrivain moyen +, sans toutefois prétendre m’élever au rang de Phèdre de Jean racine comme certains (qui d’ailleurs n’ont sans doute même pas écrit une ligne de ce qu’il prétendent – visiblement, ils se seraient lus, ils ne se seraient pas crus !).
 

DÉCONVENUE D’UN IMPOSTEUR

Une expérience a toutefois figé ce syndrome de l’imposteur dans mon esprit, jusque qu’à l’avoir chevillé dans mes entrailles, il est reliée à l’écriture, elle m’a été traumatisante au point d’avoir bloqué ce besoin de m’exprimer toute ma vie, il vient seulement de se libérer depuis cette année, dans des circonstances particulières de guérison et de lâcher prise… 
J’avais 11-12 ans toujours, fort de mon superbe succès d’estime en rédaction obtenu grâce au Général, je me mis à écrire un poème que j’ai jugé excellent, en toute modestie qui ne m’était pas coutume, vous le pensez bien !
C’était pas du Racine, c’était du Ronsard … Au moins !!!!
Tout fier, je suis allé le lire à ma mère et ma sœur qui en ont bien ri et se sont moqué… 
Comment couper une vocation ! 
 
Je tiens à préciser tout de suite une chose ici : il n’y a aucune responsabilité de leur part, les seuls problèmes étant survenus à la suite de cet épisode ne sont que les conséquences de ma propre interprétation, si je dois prendre la métaphore du cinéma : c’est moi l’ingénieur de la lumière qui ai réglé l’éclairage comme je voulais qu’il le soit !
 
Vie professionnelle 

Imposteur, je me suis senti aussi dans ma vie professionnelle !

J’ai poussé ce sentiment d’illégitimité jusqu’à saboter systématiquement toutes les expériences qui auraient pu bien tourner ; peut être que mon « bonheur » profond est de toujours être dans « la Quête » ?
L’inaccessible étoile, comme le chante Jacques Brel, celle de la Tradition spirituelle qui est la recherche de : Qui suis-je, d’où viens-je et où vais-je ???
 
 

Vie conjugale D’un imposteur 

Imposteur, je l’ai été toute ma vie dans mon couple, l’impression que je me substituais à un autre pour apporter du bonheur, que je n’étais qu’un faire valoir.
Je me suis acquitté de mon rôle avec ce sentiment parfaitement égoïste et irréaliste en songeant souvent que c’était à sens unique ou, au mieux, un bilan négatif mais la femme qui a partagé ma vie doit penser la même chose et cela, en fait n’a aucune putain d’importance ….
La véritable chose qui importe est : comment l’accession au bonheur est-elle possible ? Et dans cette notion de bonheur, il y a le sien propre, l’individuel, mais ce bonheur ne saurait être complet sans la confirmation que l’Autre est heureux – même avant soi-même ! Pour moi, la définition du bonheur passe par la certitude que l’Autre est heureux avant que je le sois même, ou bien en même temps !
C’est peut être le seul avantage que je trouve maintenant à ce syndrome de l’imposteur qui me poursuit depuis si longtemps maintenant… 
 
ÉPILOGUE, RETOUR VERS… le passé – Oniropédie 
Je ne m’en suis pas débarrassé, je l’ai apprivoisé, de la même façon que l’on ne peut (ni ne veut d’ailleurs!) se débarrasser de quelque chose qui a fait partie intégrante de toute notre vie, il est des pans de notre existence que nous voulons garder inscrits dans le Livre de notre existence avec une encre indélébile, parce que c’est une ancre indispensable !
Je ne viens que d’effleurer le sujet, j’ai évoqué le passé mais je veux maintenant me tourner, résolument vers l’avenir… 
Bien sûr, qu’il y aura une suite à cet article … 

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