une maman, épouse, professeur et journaliste basée à Dallas, en train de recevoir un traitement pour le cancer de la thyroïde.

Témoignage très touchant de Kim Helminski Keller, 

Quand le cancer devient un ennemi intérieur : la communication d’un diagnostic de cancer implique donc de tenir compte de la souffrance psychologique qu’elle entraîne. Le malade doit percevoir qu’on est sensible à cet aspect de la question, qu’on est, d’une certaine façon, à ses côtés pour l’aider à surmonter l’épreuve. De la qualité de cette prise en charge dépendra la qualité de la relation médecin malade et la compliance au traitement.

Quand le cancer devient un ennemi intérieur, on a l’impression de livrer bataille contre soi-même

Les personnes atteintes de cancer sont censées être héroïques.

Parce que nous combattons une maladie qui terrifie la plupart du monde quand le cancer devient un ennemi intérieur.
Nous sommes forts parce que nous endurons des traitements dont les « désagréments » peuvent se révéler pire que les tumeurs malignes réelles.
Nous sommes courageux parce que nos tests de laboratoire reviennent la plupart du temps avec des nouvelles que nous ne voulons pas entendre.
La réalité de la vie avec le cancer est pourtant très différente de l’image que nous essayons de dépeindre.

Notre combat est tout simplement une volonté de passer par un traitement parce que, franchement, quelle est l’autre alternative ?
Nous supportons la douleur et la maladie pour avoir la chance de peut être revenir à une vie quasiment normale ; Courageux?
Nous construisons une tolérance émotionnelle et l’acceptation des choses que nous ne pouvons pas changer. La foi chez beaucoup d’entre nous se manifeste, c’est un réflexe extrêmement compréhensible, c’est un peu la même impulsion que quand on doit lancer un dé et obtenir un as ou un six pour gagner, je crois que 9 personnes sur 10, au moment de lancer ce dé on une pensée implorante ou suppliante pour être exaucée, un genre de prière…
Croyez-moi que quand le pronostic vital est engagé, nous risquons de perdre bien plus qu’une simple partie de dé
La vérité est que si quelqu’un que vous aimez a un cancer, il est probable qu’il ne sera pas complètement ouvert à venir se confier ou s’abandonner, toutes ses ressources sont monopolisées pour sa défense et il a très peu d’énergie à gaspiller, ce qui fait qu’il est la plupart du temps en « mode économie d ‘énergie “
Pour toi.
Toutefois, si elles pouvaient vraiment se permettre d’être honnêtes et vulnérables, elles vous diraient :
1. Ne pas attendre après moi pour vous appeler si je n’ai besoin de rien. S’il vous plaît appelez-moi chaque fois dans un certain temps fixé à l’avance de préférence, nous aimons avoir une sensation de sécurité, Je sais que vous m’avez demandé d’appeler si jamais j’avais besoin de quelque chose, mais, mettez-vous à ma place, il est étrange de demander aux autres de passer du temps avec moi ou de m’aider avec des trucs que j’ai l’habitude d’être en mesure de faire tout seul, cela ne fait que confirmer ma déchéance et mon incapacité de faire quelque chose que j’effectuais parfois sans problème auparavant, acceptez que nous puissions avoir envie d’être lâche parfois ! Vous ne savez pas à quel point ça peut parfois faire du bien de se relâcher et en plus, ça nous préserve de la crainte de s’entendre dire «non».
2. Permettez-moi de vivre l’expérience de vraies émotions. Même si le cancer et ses traitements peuvent parfois influencer ma vision, j’ai encore des humeurs et des sentiments normaux en réponse aux événements de la vie. Si je suis en colère ou contrarié, accepter que quelque chose me bouleverse sans mettre tous les mouvement d’humeur sur le compte de la maladie la maladie. Je dois vivre et d’exprimer des émotions réelles et ne pas les minimiser ou les estomper.
3. Demandez-moi “Quoi de neuf” plutôt que “comment vous sentez-vous.” ou pire, « vous n’êtes pas trop fatigué ? » Parlons de la vie et ce qui se passe plutôt que de se concentrer sur ma maladie, en parler est pour moi synonyme de lui donner vie, ou plus justement de lui donner plus de force, ce que je ne veux pas.
4. Pardonnez-moi ! Il y aura des moments où la maladie et son traitement me feront être différent de ce que je suis ou j’ai été : Je peux être oublieux, brusque ou blessant. Rien de tout cela n’est délibéré. S’il vous plaît ne le prenez pas personnellement, et s’il vous plaît, encore une fois, pardonnez-moi…
5. Juste m’écouter, c’est parfois la seule chose dont nous avons besoin ! Je fais de mon mieux pour être courageux et fort, mais j’ai des moments où je dois tomber en morceaux, ça fait partie de ma nouvelle réalité. Il suffit d’écouter sans même proposer de solutions. Un bon cri ou des pleurs, dégagent beaucoup de stress et de pression pour moi.
6. Prenez des photos de nous, mais des simples, assis côte à côte, la pose basique, un instantané de nous peut m’aider à traverser les moments difficiles. Une photo est un rappel que quelqu’un pense que je suis importante et utile pour elle, mais paradoxalement, des vieilles photos risquent de faire remonter des souvenirs de la vie d’avant, pas toujours agréable, les malades ont une conscience assez juste de leur état et ne souhaite pas se revoir dans une forme que nous n’aurons plus jamais la chance de retrouver, à moins d’un miracle, mais là, on revient avec la notion de la pensée magique, pas pour tout le monde, comme on l’a vu. Ne me laissez pas dire «Je ne veux pas que vous me voyiez comme ça” quand le traitement me laisse chauve ou avec des cicatrices : la réalité nous montre comme nous sommes actuellement, nous avons un travail à faire pour accepter de nous montrer ainsi. Ceci est ce que je suis devenue maintenant. Acceptez cette nouvelle en même temps que moi.
7. Il me faut un peu (beaucoup) de temps seul. Il y a quelques points que j’exposais pour dire à quel point j’avais besoin de passer du temps avec vous, et maintenant je vous demande de vous éloigner. Je t’aime, mais parfois j’ai besoin d’un peu de solitude. Il me donne la chance de laisser choir le masque courageux que je porte trop longtemps, et le silence peut devenir parfois si apaisant. Ce n’est pas du rejet ou alors, c’est le rejet de soi même que l’on essaie d’éviter à l’autre, je le sais, ce n’est pas évident à concevoir quand on n’a pas de soucis particulier pour sa santé.
8. Ma famille a besoin d’amis. S’occuper d’enfant est parfois assez exigeant quand votre corps est en bonne santé ; il devient encore plus difficile lorsque vous gérez un diagnostic de cancer avec les besoins de votre famille au jour le jour. Mes enfants, qui ne sont pas assez mûrs pour comprendre ce que je traverse, doivent encore aller à l’école, faire leurs devoirs, faire du sport, et sortir avec des amis. Covoiturage et gestion domestique sont très souvent laborieux et exigeants pour mon énergie : Prenez mes enfants. S’il vous plaît.
Mon conjoint pourrait également bénéficier d’un peu de temps avec des amis. Prenez le déjeuner ou jouer une ronde de golf ensemble. Cela me réconforte de savoir que vous aimez les gens que j’aime.
9. Je veux que vous réduisiez votre risque de cancer. Je ne veux pas que vous passiez par les même chemins que moi. Alors que certains cancers frappent à l’improviste, beaucoup peuvent être évités grâce à quelques changements de style de vie – arrêter de fumer, perdre du poids exédentaire, protéger votre peau contre les dommages du soleil, et surtout regarder ce que vous mangez. S’il vous plaît, allez voir un médecin pour des examens réguliers et faire une demande de suivi et d’analyses à chaque fois que la douleur, des saignements ou des tissus inhabituels apparaissent. Beaucoup de gens peuvent vivre une vie longue et enrichissante si cette maladie est découverte à ses débuts. Je veux que vous ayez une vie longue et épanouissante comme j’aurais tellement aimé la vivre.
10. Ne prenez rien pour acquis. Profitez de la vie que vous avez en ce moment. Prenez le temps de sauter dans les flaques d’eau, embrasser les enfants, et sentir le vent sur votre visage. Admirez ce monde étonnant que Dieu a créé, et le remercier de nous avoir réunis.
Bien que nous ne pouvons pas être reconnaissants pour mon cancer, nous devons être reconnaissants pour les médecins et les traitements qui me donnent la chance de combattre cette chose. Et s’il arrive un moment où les traitements ne fonctionnent plus, s’il vous plaît sachez que je serai toujours reconnaissante d’avoir vécu ma vie avec vous en elle. J’espère que vous sentez la même chose à propos de moi.
Kim Helminski Keller est une maman, épouse, professeur et journaliste basé à Dallas. Elle est en train de recevoir un traitement pour le cancer de la thyroïde.

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