QUAND UN DÉPART SE TRANSFORME EN UNE ARRIVÉE : par le Poète et philosophe David Whyte sur la fin des relations

par | Mar 19, 2016 | INDIVIDU, Les Arts et Cultures, Mon Carré De Sable | 0 commentaires

«Parfois, tout doit être inscrit dans les cieux afin que vous puissiez trouver une ligne déjà écrite à l’intérieur de vous.” David Whyte

 «Aimer sans savoir comment aimer blesse la personne que nous aimons,” le grand maître zen Thich Nhat Hanh nous met en garde dans son traité d’éclairage sur l’amour.

David Whyte est poète, orateur et consultant. J’ai eu le plaisir d’assister à une de ses conférences lors du congrès d’ICF (Fédération Internationale de Coaching) qui s'est déroulé le 18 juin 2010. Hasard du calendrier : l’appel qu’il a lancé à l’assemblée ce jour-là résonne encore aujourd’hui à mes oreilles.

Le poète, philosophe, orateur et consultant David Whyte

David Whyte 

Mais même si cette douloureuse lacération devient finalement une rupture irréparable, il n’est jamais facile de laisser l’amour derrière nous, car ça demande également que nous laissions derrière la partie de nous qui a reçu et exprimé l’amour. Et pourtant, pour nous tous, c’est à la fois une misère et une chance, cette transition difficile est une partie inévitable de l’expérience humaine, du voyage d’apprentissage incessant qui est la vie, parce qu’après tout, quoi qu’il en soit nous avons le choix d’échouer ou de poursuivre et, comme échouer n’est pas une bonne option, alors, nous poursuivons.

La dualité délicate de cette expérience a été explorée par le poète et philosophe anglais David Whyte, un homme d’une immense sagesse sur les complexités de la vie, il les aborde avec une beauté saisissante dans le poème “The Journey”, tiré de son troisième livre tout à fait exquis de poésie « The House of Belonging » (bibliothèque publique) – un texte qu’il a écrit pour un ami de travail qui fait actuellement l’expérience immensément pénible de quitter une relation toute de blessures et de tenter de réécrire ce qui était autrefois un avenir commun dans un virage maintenant solitaire vers les plus grandes possibilités que l’inconnu lui réserve.

L’une des difficultés de quitter une relation n’est pas tellement la fin, de quitter l’autre personne, parce qu’à ce moment-là, vous êtes prêt à partir ; ce qui est difficile, c’est d’abandonner les rêves que vous avez partagé ensemble. Et vous savez qu’en quelque sorte peu importe qui vous rencontrerez dans votre vie future et peu importe quelle espèce de bonheur vous voudrez partager avec elles, vous ne voudrez jamais, jamais partager ces rêves particuliers à nouveau, avec cette même tonalité et cette coloration particulière… 
Ils font partie d’une histoire sacrée, ils sont spécifiques et impartageables une seconde fois ! 
Et donc il y a une forme belle et puissante de la douleur, qui est le nec plus ultra de passez à la suite de votre histoire et ainsi de faire de la place pour une autre forme de réinvention.
Pour une nouvelle vie !


THE JOURNEY PAR David Whyte

Above the mountains
the geese turn into
the light again
Painting their
black silhouettes
on an open sky.
Sometimes everything
has to be
inscribed across
the heavens
so you can find
the one line
already written
inside you.
Sometimes it takes
a great sky
to find that
first, bright
and indescribable
wedge of freedom
in your own heart.
Sometimes with
the bones of the black
sticks left when the fire
has gone out
someone has written
something new
in the ashes of your life.
You are not leaving.
Even as the light fades quickly now,
you are arriving.
Traduction proposée [en essayant de faire le moins d’intervention possible, toutefois, j’ai voulu quand même apporter une petite touche française pour agrémenter sa lecture tout en gardant le rythme anglophone d’origine

LE VOYAGE PAR David Whyte

Au-dessus des montagnes
les oies redeviennent
à nouveau lumière
qui peint ainsi leurs
noires silhouettes
dans un ciel ouvert.
Parfois, tout
doit être
inscrit dans
Le Paradis
Ainsi, tu peux y retrouver
la première ligne
déjà écrite
à l’intérieur de toi.
Parfois, il faut
un grand ciel
pour constater que
premièrement, la luminosité…
et ensuite, l’indescriptible
coin de la liberté
résident dans ton propre cœur.
Parfois, dans les os calcinés,
avec des bâtons noircis par le feu
qui a fini par s’éteindre,
Quelqu’un a écrit
quelque chose de nouveau
dans les cendres de votre vie.
Vous ne partez pas !
Même si la lumière se fane rapidement maintenant,
vous arrivez…
Le poème évoque également le chef-d’œuvre du même titre , mais très différent tout de même de Mary Oliver. En fait, peut-être sans surprise, Whyte fait partie des millions d’admirateurs transportés par le classique de Mary Oliver. Ce livre tire sa magie de l’ouverture infinie particulière s’adressant à plusieurs dimensions de l’expérience humaine, unifiés par l’urgence de parvenir à une vie la plus complète et la plus grande possible.
La lecture de ce poème de Whyte – la façon dont il soupire : «enfin» et le soulagement de reprendre sa vie en main, espoir de riches promesses et de retour de la serénité entrevues.

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