Kintsugi : L’art de réparer avec de l’or et sa résonance avec la philosophie du Wabi-Sabi
Le kintsugi (d’après wikipedia)
(金継ぎ?, « jointure en or »)
ou kintsukuroi (金繕い?, « réparation en or »)
est une méthode japonaise de réparation des porcelaines ou céramiques brisées au moyen de laque saupoudrée de poudre d’or.
Philosophiquement, c’est reconnaître la brisure et la réparation comme faisant partie de l’histoire de l’objet, plutôt que la dissimuler.
Histoire du kintsugi
Le kintsugi serait apparu lorsque, à la fin du XVe siècle, le shogun Ashikaga Yoshimasa a renvoyé en Chine un bol de thé chinois endommagé pour le faire réparer. Le bol étant revenu réparé avec de vilaines agrafes métalliques, les artisans japonais auraient cherché un moyen de réparation plus esthétique..
La réparation de vaisselles avec des laques provenant de résines de plantes est une tradition pratiquée en Chine, en Corée, au Japon et au ViêtNam, mais les réparateurs japonais amenèrent une touche esthétique particulière en y ajoutant de la poudre d’or. Cela relève d’une philosophie qui prend en compte le passé de l’objet, son histoire et donc les accidents éventuels qu’il a pu connaître. La casse d’une céramique ne signifie plus sa fin ou sa mise au rebut, mais un renouveau, le début d’un autre cycle et une continuité dans son utilisation. Il ne s’agit donc pas de cacher les réparations, mais de mettre celles-ci en avant.
Les collectionneurs se sont épris de cet art nouveau au point que certains ont été accusés d’avoir délibérément cassé de précieuses poteries afin qu’elles puissent être réparées avec les coutures d’or du kintsugi.
Le kintsugi est étroitement associé aux ustensiles en céramique employés pour la cérémonie japonaise du thé.
Technique du kintsugi
Laquage manqué, la surface n’est pas lisse.
La laque est ici pétrie avec de la farine de blé et de l’eau avant de l’appliquer pour renforcer le maintien des différents morceaux. Ce mélange épais est mis entre les tessons, lors de l’assemblage. Lorsqu’il sèche, ce mélange se rétracte, laissant alors apparaître des crevasses. Celles-ci sont remplies par un mélange dilué, appelé kokuso urushi (刻苧漆, laque de fibre de ramie?), fait de grains de riz, de fibre de ramie et de poudre de bois, qui est appliqué directement sur la laque[4]. La technique utilisée pour la réparation à la laque mélangée à des paillettes d’or est proche des techniques du maki-e utilisées traditionnellement par les artisans laqueurs japonais.
Cette technique de réparation de la céramique ne se limite pas à l’utilisation de l’or et peut aussi se faire sur d’autres modes. Ainsi, lorsque de l’argent est utilisé à la place de l’or, la technique prend le nom de gintsugi (銀継ぎ, jointure d’argent?)[5] ou le nom d’urushi tsugi (漆継ぎ, jointure de laque?) lorsque de la simple laque est utilisée sans additif métallique.
Symbolique du kintsugi
L’art du kintsugi est souvent utilisé comme symbole et métaphore de la résilience en psychologie.
Courant de pensée du kintsugi
Le kintsugi s’inscrit dans la pensée japonaise du wabi-sabi qui invite à reconnaître la beauté qui réside dans les choses simples, imparfaites et atypiques.
Le Kintsugi, entre art et spiritualité
Apparu dans l’archipel au XVIe siècle, le Kintsugi est l’art de réparer les céramiques, porcelaines et faïences en les embellissant. « Kin » signifiant « or » et « tsugi », « jointure » en japonais. Ici, pas question de jeter une poterie cassée et encore moins de dissimuler les fêlures de sa vieille vaisselle. Au contraire, la philosophie du Kintsugi met en valeur l’objet en se servant de ses failles, selon ce principe du Wabi-Sabi.
Cette pensée bouddhiste zen qui s’affranchit de la perfection voit la beauté à travers le temps qui passe et les épreuves de l’existence. Selon cette philosophie, le cycle de la vie est une œuvre remarquable de la naissance à la mort. Ainsi, les petits défauts et l’usure naturelle révèlent la splendeur des choses.
L’artisanat du Kintsugi s’inspire de cette théorie pour réparer les poteries brisées. Ce procédé utilise une laque (urushi en japonais) pour recoller les morceaux et recouvrir les fissures d’or afin de souligner leur éclat. Les tasses, bols, statues, sculptures et pièces de valeur en céramique sont réassemblés, séchés et polis. Enfin, on peint les cicatrices de poudre d’or, d’argent ou de bronze afin de créer des motifs. Après cette réparation décorative, les objets deviennent encore plus solide qu’avant. Certains petits malins s’amuseraient même à les faire tomber volontairement pour tester leur résistance.
Les étapes de la réparation Kintsugi
Le Kintsugi est un art traditionnel qui demande beaucoup de temps, de rigueur et de précision dans les gestes. En général, une œuvre nécessite un mois de travail en moyenne, toutefois les plus belles créations mettent plus d’un an à être réalisées.
A l’époque, les artisans partaient couramment en mer afin d’éviter la poussière et parfaire leur environnement de travail. Par ailleurs, saviez-vous que l’urushi est en fait une substance très toxique et allergisante ? Ainsi, le jour ou l’apprenti faisait une réaction de contact avec d’atroces démangeaisons, son maître disait qu’il devenait officiellement un vrai artisan urushi.
Toutes les étapes du Kintsugi peuvent être appliquées à soi-même pour guérir de ses blessures psychologiques ou physiques dans une démarche de développement personnel.
Vous venez de vivre un choc émotionnel ? Votre cœur est brisé ? Pansez vos blessures et reconstruisez-vous en prenant exemple sur cette technique de restauration japonaise en suivant ces 5 étapes !
Recoller les morceaux
Après avoir soigneusement nettoyé et rassemblé les éclats, on va mélanger la laque (urushi) avec de la poudre de terre cuite afin d’obtenir un genre de mastic que l’on appliquera délicatement sur les morceaux brisés afin de les recoller ensemble.
C’est le moment de soigner vos blessures physiques ou émotionnelles et de rassembler vos forces.
Laisser le temps opérer
Les objets sèchent pendant plusieurs semaines durant lesquelles la résine va durcir. Après cette étape, on peut effectuer quelques retouches avec le mastic et laisser sécher à nouveau.
Cette phase de séchage correspond au processus de cicatrisation. Prenez le temps nécessaire à votre reconstruction.
De là à faire un lien avec nos comportements, nos interactions et nos rapports conjugaux parfois « ébréchés » il n’y a qu’un pas vite franchi grâce à ce délicat savoir-faire nippon tout empreint de grâce, sagesse et délicatesse !

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