sociétés matriarcales, quelle est leur place

Sociétés matriarcales, les amazones

Sociétés matriarcales : quel est leur place dans le monde, quel est leur impact sur nos mode de fonctionnement culturel ?

Il existe quelques sociétés traditionnelles dans le monde où les femmes exercent  un rôle différent de celui que nous lui attribuons généralement dans nos cultures plutôt patriarcales !

Sociétés matriarcales, un exemple d’harmonie, de paix et d’une société plus égalitaire ?

Le sociologue Malinowsky a longuement étudié les sociétés matriarcales de Trobriand Islands Credit: Wellcome Library, London. Wellcome Images
L’anthropologue Bronislaw Malinowsky a longuement étudié les sociétés matriarcales de Trobriand Islands Credit: Wellcome Library, London. Wellcome Images

Pas forcément systématiquement, mais, ce qui est certain c’est que ce modèle nous apporte assurément de quoi nous poser de sérieuses questions sur la façon dont nos sociétés fonctionnent – je ne ferai que référence aux débats virulents ayant trait au sujet du code vestimentaire des femmes musulmanes : sans vouloir entrer dans un piège identitaire, terrain tellement glissant que je le laisse volontiers aux polémistes – je vous propose plutôt un petit tour « sociologique » au sein de ces

Sociétés matriarcales, les amazones un archétypes considéré par beaucoup comme un peu anecdotique et utopique
Sociétés matriarcales, les amazones un archétype considéré par beaucoup comme un peu anecdotique et utopique

sociétés matriarcales afin d’en voir le mode de fonctionnement particulièrement typique et, bien que leur nombre soit restreint à ma connaissance, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il serait intéressant que ce modèle de fonctionnement soit plus répandu !

Quelques définitions concernant les sociétés matriarcales : Le fantasmes des belles Amazones n’est-il qu’un mythe ?

Il serait intéressant de faire avant de débuter un petit rappel sémantique : Les sociétés matriarcales dégagent entre elles des points communs. Généralement, ce sont des sociétés matrilinéaires, la filiation passe par la mère, qui transmet notamment à ses enfants son nom et son futur héritage. Elles sont aussi dites « matrilocales » dans la plupart des exemples de sociétés matriarcales, car l’époux rejoint sa femme dans sa famille lors du mariage. Enfin, on parle de société avunculaire car ce sont les oncles maternels, et non les pères, qui  s’occupent des enfants !

Impacts sur le mode de vie, ce qui différencie les sociétés matriarcales des patriarcales

On voit donc déjà les effets visibles immédiatement quand une société base le principe de filiation en regard de la mère plutôt qu’organisée autour de la transmission de la filiation paternelle, dans le Code civil français, la loi reconnais la preuve de filiation de la mère alors que la paternité n’est qu’une présomption, ce qui est tout à fait logique, par contre, le mode de vie, les us et coutume sont articulée autour d’une société très clairement patriarcale.

Je souligne simplement le fait que les traditions sont souvent basées sur autre chose que la logique, mais aussi qu’elles sont fortement ancrées dans nos systèmes de croyance, dont nous savons bien qu’ils sont les plus difficile à remettre en question.

Petite visite à quelques sociétés matriarcales à travers le monde

Juchitán Ciudad de Zaragoza, au Sud du Mexique 

connue notamment pour ses Velas, fêtes traditionnelles ayant généralement lieu en mai.

Mais Juchitán, c’est aussi « la ville des femmes » ou encore « la ville la plus tolérante du Mexique »  C’est aux femmes qu’incombe la responsabilité des finances familiales, elles sont réputées dans tout le pays pour leur intelligence et leurs talents. Il ne s’agit pas cependant d’une société matriarcale comme on pourrait l’imaginer : Anna Boyé, photographe et anthropologue, parle plutôt d’une ville où « matriarcat et patriarcat cohabitent sous le même toit ». Aux femmes le commerce, l’organisation des Velas, la maison et la rue, les temples ; aux hommes la politique, la pêche, l’agriculture, la musique.

Les Khasi, en Inde, dans l’État du Meghalaya !
Deux femmes indiennes Khasis en habit traditionnel
Deux femmes indiennes Khasis en habit traditionnel

Matrilinéaire et matrilocale, la société Khasi fait figure d’exception en Inde : c’est la plus jeune fille de la famille, la khaddu, qui deviendra la chef de famille, l’héritière, et la gardienne des traditions familiales. Enfant, elle est mise à part et dispensée des corvées domestiques. Ce statut privilégié s’accompagne de contrainte : la khaddu ne décide pas de son futur mais doit poursuivre une tradition familiale et reprendre les terres.

Les hommes, eux, n’héritent de rien et en cas de divorce ils perdent tout.

Près de 80% des Khasi sont chrétiens depuis la colonisation anglaise, mais ici les maris sont vus simplement comme la « côte droite des femmes », selon une lecture particulière de l’Ancien Testament. Chez les Khasis, c’est donc pour avoir une petite fille que l’on prie.

Un exemple type de sociétés matriarcales, le peuple Trobriendais, un archipel dans le Pacifique sud étudié par Bronisław Malinowski

D’après Wikipedia :

Bronisław Malinowski est connu pour avoir systématisé la pratique de l’anthropologie de terrain et avoir proposé une méthode dite d’«observation participante», faisant ainsi rupture avec ses contemporains tels James George Frazer, Émile Durkheim ou Marcel Mauss. Il reste également célèbre pour sa formulation d’une nouvelle interprétation anthropologique, le fonctionnalisme, qui s’oppose à la fois à l’évolutionnisme et au diffusionnisme.

Entre 1916 et 1922, Bronisław Malinowski séjourne dans le Pacifique et en Mélanésie ; il travaille en Nouvelle-Guinée, chez les Mélanésiens des îles Trobriand et Luzançay. Entre 1915 et 1918, au cours de trois séjours dans les îles Trobriand, il analyse un type d’échange particulier : la Kùla qu’il décrit dans Les Argonautes du Pacifique occidental (1922), inaugurant ainsi l’anthropologie économique. Lors de ses diverses expériences de terrain, il pratique la méthode de l’observation participante. Il a permis de faire évoluer les méthodes anthropologiques, en s’immergeant dans la société trobriandaise pour suivre le mode de vie des indigènes (acculturation temporaire) de manière que sa présence devienne naturelle aux yeux des indigènes, qu’ils ne se demandent plus pour quelle raison il est présent parmi eux. Il récuse toute approche historique des sociétés qu’il dit « primitives » pour s’attacher aux institutions (famille, pouvoir, droit, magie, religion). Son travail a permis de montrer que pour comprendre une société dans sa totalité, il faut vivre à son contact et la décrire en ses propres termes ; cela implique notamment d’en apprendre la langue. Sa connaissance de l’organisation matrilinéaire de la famille trobiandaise lui permet de contester la validité universelle des certaines thèses de la psychanalyse telle l’Œdipe.

Les Na, en Chine

Aussi appelée « Moso », cette ethnie du sud-ouest de la Chine est surprenante à bien des niveaux.

Les Moso, un ensemble de sociétés matriarcales de cinquante mille âmes depuis environ un millénaire vivent dans le Sud-Ouest de la Chine, à l’orée du Tibet au bord du Lac Lugu jouxtant les province du Sechuan et du Yunan.

3 générations de femmes Moso, Les Moso, ou Mosuo, forment un sous groupe des Naxis [Na-hsi]. Appelés ainsi par le gouvernement chinois, et se nommant eux même Na, c’est l’une des plus petites minorités ethniques de Chine.
3 générations de femmes Moso, Les Moso, ou Mosuo, forment un sous groupe des Naxis [Na-hsi]. Appelés ainsi par le gouvernement chinois, et se nommant eux même Na, c’est l’une des plus petites minorités ethniques de Chine.

à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’institution internationale, l’ONU leur a décerné le titre de peuple modèle

« La nuit, les hommes se glissent dans le lit des femmes des maisons alentours. Les uns comme les autres se font un devoir de n’être ni jaloux, ni fidèles (dispositions mal vécues chez les amants Na). »

Sciences Humaines

Chez les Moso, les enfants passent toute leur vie dans la maison familiale que la mère administre. Plus généralement, ce sont elles qui gèrent le patrimoine de la famille, transmettent le nom, héritent des biens et cultivent les champs durant la journée. Lorsque la mère de famille décède, c’est l’aînée de ses filles qui la remplace et devient « Ama » ou « Dabou » selon l’appellation utilisée dans le village.

Les tâches des hommes Moso

Les hommes, pour leur part, s’occupent des enfants lorsque les femmes

Sociétés matriarcales : un homme Na Hsi, Le terme « Moso » désignait anciennement tous les Naxi ; il est maintenant repris par un sous-groupe, essentiellement les habitants de Yongning et des bords du lac Lugu, qui souhaitent souligner les différences entre eux et les Naxi, désormais patriarcaux.
Sociétés matriarcales : un homme Na Hsi, Le terme « Moso » désignait anciennement tous les Naxi ; il est maintenant repris par un sous-groupe, essentiellement les habitants de Yongning et des bords du lac Lugu, qui souhaitent souligner les différences entre eux et les Naxi, désormais patriarcaux.

sont aux champs, et s’attellent à la construction des maisons et à la gestion des affaires extérieures du village. Plus étonnant encore, ils assument un rôle paternel sur leurs neveux et nièces car cette responsabilité n’incombe pas aux géniteurs eux-mêmes, mais aux oncles, qui ont bien plus de droits sur les enfants que les vrais pères, en cela, cette coutume s’avère tout à fait identique dans la société trobriendaise, comme l’a décrit Malinovsky.

Les relations amoureuses chez les Moso

Dans l’optique d’entretenir une harmonie sociale constante essentielle aux Moso, les relations amoureuses répondent elles aussi à des codes différents des sociétés « classiques ».

Par exemple, à l’âge de 13 ans, chaque enfant atteint sa majorité et les filles disposent alors de leur propre chambre. Elles sont donc libres de découvrir le sexe, mais aussi d’attendre le temps qui leur parait nécessaire avant de faire cette expérience. Plus tard, les femmes choisissent de présenter leur compagnon à l’ensemble du foyer et il est accepté comme un ami de la famille. Il est alors amené à participer à la vie collective des autres membres, comme en s’occupant des enfants de sa compagne, même s’ils ne sont pas de lui.

D’ailleurs, les Moso ne se marient pas et chacun vit sa sexualité selon son bon vouloir, sans notion d’engagement. Car ils considèrent l’union maritale comme une menace à l’harmonie et estiment qu’elle revient à une forme d’illusion. Ainsi, lorsqu’ils forment des couples, les deux partenaires ne se promettent pas la fidélité ou d’autres types d’engagement, sans que cela n’implique pour autant qu’un des deux amants couche avec un autre partenaire. Les Moso estiment seulement ne pas devoir se faire de promesse qui pourrait être brisée.

La sélection des partenaires amoureux, elle, se fait notamment lors de fêtes au cours desquelles les Moso dansent et séduisent de potentiels partenaires. Mais ils ne cherchent pas à se cacher et personne ne juge ses congénères sur sa manière de charmer ou sur son choix amoureux. Et lorsqu’une rupture survient, celle-ci se fait dans un respect mutuel, toujours au nom de la valeur la plus importante des peuples des sociétés matriarcales : l’harmonie.

Sources  :

Le Mouvement matricien : Matriarcat Khasi (Inde) : déesses-mères des mégalithes, et meilleure scolarisation du pays

Wikipedia : Bronisław Malinowski

 

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Auteur : CDS-Mon Carré De Sable-Michel Mougenot

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