L’étude scientifique Baumeister remise en cause !!!

Une éminente théorie psychologique vérifiée par des centaines d’expériences , l’étude scientifique Baumeister, est sur le point d’être contredite. Ce n’est pas juste inquiétant. C’est terrifiant.

Il n’y aurait plus aucune certitude quant à la théorie de « l’épuisement décisionnel », théorie reçue comme un des dogmes inébranlables de la psychologie du comportement et cautionnée par l’étude scientifique Baumeister : c’est un peu comme si on nous disait demain que les études de Masters et Johnson sont des errances et que celles de Freud sont 100% non valides…
Bref, la Terre est plate finalement …

Evan Carter est l’un des premiers à avoir repéré des faiblesses dans le corpus sur l’épuisement du moi et L'l'étude scientifique Baumeister. Lorsqu’il était étudiant à l’université de Miami, Carter a décidé de reproduire l’expérience de l’effet citronnade, décrite pour la première fois en 2007, où la consommation d’une boisson sucrée empêche la perte de volonté.
L’l’étude scientifique Baumeister remise en cause dans ses fondements même !

Une preuve scientifique un Mythe fondateur ?
Une étude scientifique parue le 11 novembre 1996 sous le titre « Ego Depletion : Is the Active Self a Limited Resource ? », réalisée par les scientifiques Roy E Baumeister, Ellen Bratslavsky, Mark Muraven, and Dianne M. Tice pour la Case Western Reserve University allait devenir un pilier de la psychologie moderne.

Cet article de 15 pages, connu comme étant l’étude scientifique Baumeister, a depuis été cité plus de 3.000 fois. Il exposait l’expérience suivante, les scientifiques empilèrent des cookies tout chauds dans une assiette, à côté d’un saladier rempli de radis rouges et blancs, et firent entrer un cortège d’étudiants volontaires. Ils demandèrent à certains étudiants de rester là tout seuls et de ne manger que des radis, tandis que l’autre groupe ne mangeait que des cookies. Ensuite, chaque participant dut s’attaquer à une énigme conçue pour être impossible à résoudre

Baumeister et Tice chronométrèrent les étudiants pendant qu’ils tentaient de résoudre le casse-tête pour voir combien de temps ils mettaient à abandonner. Ils découvrirent que ceux qui avaient mangé des cookies aux pépites de chocolat persistaient à chercher une solution pendant dix-neuf minutes en moyenne –c’est-à-dire à peu près aussi longtemps qu’un groupe témoin qui n’avait rien eu à manger du tout. Le groupe de jeunes qui n’avait eu que des radis à se mettre sous la dent rata le test du casse-tête. Ses membres ne tinrent que huit minutes avant de laisser tomber, frustrés.

Les conclusions sont devenues des dogmes : L’étude scientifique Baumeister = référence indiscutable

C’est sur la bases de ces constations que les auteurs baptisèrent cet effet «ego depletion», l’épuisement du moi, et affirmèrent qu’il révélait un trait fondamental de l’esprit humain: nous possédons tous une réserve de volonté limitée qui diminue quand on l’utilise trop.
Dans les années qui ont suivi, le laboratoire de Baumeister et de Tice ainsi que des dizaines d’autres ont publié une foule d’études utilisant des procédures similaires.
Les psychologues ont découvert qu’un grand nombre de tâches différentes étaient susceptibles d’assécher l’énergie et d’épuiser les capacités cognitives.
En 2010, un groupe de chercheurs mené par Martin Hagger a publié une méta-analyse du domaine pour savoir si ce genre de recherche était fiable. En utilisant les données issues de 83 études et 198 expériences distinctes, l’équipe de Hagger a confirmé le principal résultat. «L’épuisement du moi» semblait être un phénomène réel et constant.

Gymnastique intellectuelle et citronnade

En 2011, Baumeister et John Tierney, du New York Times, ont publié un livre scientifique et de développement personnel basé sur cette recherche. Leur best-seller,« Le pouvoir de la volonté: la nouvelle science du self-control » conseille les lecteurs sur la manière de mettre à profit la théorie de l’épuisement du moi. Un verre de citronnade sucré avec du vrai sucre, avancent-ils, peut aider à réapprovisionner vos réserves de self-control.
Et si la volonté fonctionne comme un muscle, alors de l’exercice régulier pourrait en stimuler la force. On peut littéralement construire sa personnalité, expliqua Baumeister au cours d’une interview accordée à la Templeton Foundation, une association aux inclinations religieuses qui finance des recherches scientifiques et lui a donné environ 1 million de dollars de subventions.
À ce stade, a-t-il confié à The Atlantic, les effets qu’il avait commencé à étudier à la fin des années 1990 étaient des faits établis. «Ils ont été reproduits et prolongés dans de nombreux laboratoires différents, donc je ne doute pas de leur véracité», avait-il déclaré.
 
Soutenu par de solides confirmations scientifiques
Il ne s’agit pas d’une quelconque idée nouvelle et folle qui chancelle au sommet d’un tas d’informations aléatoires mais d’un édifice de connaissances robuste, construit au fil de nombreuses années, à l’aide de briques solides
Mais tout cela est sur le point de changer. Un article actuellement sous presse et qui doit être publié en avril dans le journal Perspectives on Psychological Science décrit une tentative de reproduction à grande échelle des principaux effets décrits dans ces travaux. Or, cette contre-étude impliquant plus de 2.000 sujets testés dans deux douzaines de laboratoires différents sur plusieurs continents n’a absolument rien trouvé !
Un effet zéro de l’épuisement du moi: aucun signe que la volonté humaine fonctionne telle qu’elle a été décrite, ou que ces centaines d’études ont une quelconque valeur.
 
Remise en question critique des fondements
Ce n’est pas la première fois qu’une idée est remise en question en psychologie –et de loin. L’existence d’une «crise de reproductibilité» en psychologie et dans de nombreux autres domaines est maintenant bien établie. Une étude publiée en août 2015 a voulu reproduire cent expériences de psychologie une à une et a découvert que seulement 40% de ces reproductions trouvaient les mêmes résultats que les expériences originales. Une critique de cette étude a été publiée début mars, expliquant que les auteurs d’origine avaient fait des erreurs statistiques –mais cette critique elle-même a été accusée d’avoir mal interprété les faits, d’ignorer des preuves et de prendre ses désirs pour des réalités.
Pour les scientifiques et les journalistes scientifiques, ces contradictions sont inquiétantes. Nous aimerions penser qu’une étude publiée a davantage que des probabilités d’être vraie. La nouvelle étude sur l’épuisement du moi a des enjeux bien plus élevés: au lieu de nous avertir qu’une recherche n’est peut-être pas fiable, ce nouvel article jette une ombre sur toute une littérature scientifique complètement formée. Ou pour le dire autrement: il ne vise pas seulement un article, mais la Grande Trouvaille dans son ensemble.
La théorie de la volonté de Baumeister et ses moyens intelligents de la tester ont été confirmés encore et encore lors d’études empiriques. L’effet a été recréé des centaines de fois et le concept sous-jacent vérifié via des méta-analyses. Il ne s’agit pas d’une quelconque idée nouvelle et folle qui chancelle au sommet d’un tas d’informations aléatoires; c’est un édifice de connaissances robuste, construit au fil de nombreuses années, à l’aide de briques solides.

Corpus éminemment suspect 

Et pourtant, il semble aujourd’hui que l’épuisement du moi pourrait s’avérer complètement bidon et ses fondations être constituées de matériaux pourris. Ce qui signifie qu’un champ entier d’études –et des proportions significatives de la carrière de certains scientifiques– pourraient reposer sur un faux postulat. Si quelque chose d’aussi bien établi peut s’écrouler, alors qu’est-ce qui viendra après? Ce n’est pas juste inquiétant. C’est terrifiant.

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